AUJOURD’HUI, IL FAUT DIRE STOP !

Depuis quelques semaines, la Mairie de Paris a lancé une nouvelle campagne d’affichage pour la sécurité routière intitulée « Aujourd’hui, Paris dit stop ».

Sur de nombreux bus, parmi les phrases destinées aux conducteurs, on peut lire : « Tous les jours, on roule vite et un jour, on roule en fauteuil.»

Pour dissuader de rouler à une vitesse excessive, on a donc choisi de présenter le handicap comme un risque, une situation à craindre, comme une terrible menace ou pire une sanction qui viendrait légitimement punir les imprudents.

Un choix plus que regrettable puisqu’il contribue ainsi à alimenter la peur du handicap, une peur déjà profondément ancrée dans l’inconscient collectif et qui justifie encore aujourd’hui l’exclusion et l’ensemble des discriminations que subissent les personnes handicapées.

Si comme l’affirment de plus en plus les pouvoirs publics, la Mairie de Paris (et même les principaux candidats à la présidentielle) le temps est venu de changer le regard que notre société porte sur le handicap, commençons par « dire stop » aux raccourcis faciles.

Le handicap, quelles que soient sa nature et son origine, n’est ni une fatalité, ni une condamnation, ni une malédiction. C’est avant tout une réalité pour près de 6 millions de personnes, dont 370 000 qui se déplacent un fauteuil roulant, et qui souhaiteraient que l’on cesse enfin de les stigmatiser avec des campagnes aussi maladroites que réductrices.

Publié dans Télérama et L’Express

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