J’AI ENFIN VU AVATAR

Ouais, incroyable mais vrai, j’avais encore jamais vu ce film, mais hier grâce à TF1, c’est chose faite.

Dans AVATAR, l’une des premières choses qui m’a frappé et qui m’a plu, évidemment, c’est que le personnage principal est handicapé. Un fait suffisamment rare pour être souligné.

Agréable surprise donc mais qui s’est assez vite dissipée… Oui, parce qu’en fait si on analyse le propos du film sous le seul prisme du handicap, comme je l’ai fait, on constate très vite que le discours est plutôt ambigu, pour ne pas dire finalement très convenu.

Je m’explique. Dans ce que l’on pourrait considérer comme des points positifs (de mon point de vue) on observe que :

–       Le handicap du personnage est un élément parmi d’autres.

On ne pourrait pas aller jusqu’à dire qu’il est banalisé, mais il ne constitue pas l’élément central du film, ce qui est plutôt intéressant, dans la mesure où souvent (surtout en France) les personnages handicapés ne sont visibles que dans les histoires qui traitent directement du handicap.

–       Le handicap du héro ne l’empêche de mener sa vie, d’être actif.

Il voyage, il se voit confier une mission plutôt importante.

Certaines scènes le montrent même avec ses amis dans des situations très dynamiques où le fauteuil ne constitue pas une entrave. Je pense notamment à celle où il monte à toute vitesse dans un hélico. J’ai particulièrement apprécié la séquence où l’un des pote monte le fauteuil dans l’hélico (c’est vrai que ce serait con de l’oublier).

Cependant, dans les points négatifs, on note que :

–       Dès le début, il se prend des réflexions désobligeantes et directement liées à son handicap.

Les autres soldats font remarquer que sa présence est incongrue dans un milieu aussi hostile. La scientifique qui l’accueille à l’air de partager ce point de vue.

Le handicap est donc clairement présenté comme un motif d’exclusion. Il est de l’équipe, sans l’être totalement, parce qu’il est différent.

–       Le personnage rêve de ne plus être handicapé.

Evidemment, il fallait s’y attendre, comme d’hab’ on a le droit à « être handicapé c’est naze » et le rêve ultime du héro c’est de ne plus l’être.

Le film insiste lourdement sur cette question de diverses façons.

D’abord, le colonel, qui est le seul voir son arrivée favorablement, ne manque pas de lui faire miroiter la possibilité d’une intervention qui lui rendrait ses jambes en guise de récompense.

Quand le héro essaie son AVATAR pour la première fois, on comprend bien que ce qui le séduit le plus dans l’expérience c’est de pouvoir marcher de nouveau, via son personnage virtuel. Il peut de nouveau courrir, sauter, c’est la fête…

A la fin du film, c’est d’ailleurs sans regrets qu’il quitte son enveloppe charnelle mortelle et handicapée, pour rester définitivement dans la peau de l’AVATAR.

–       L’amour n’est possible qu’entre personnages qui se ressemblent physiquement

Avec TITANIC on avait déjà compris que les histoires d’amour entre riches et pauvres étaient vouées à prendre l’eau, mais là c’est confirmé.

D’ailleurs c’est récurrent dans les films américains grand public, pour s’aimer il faut se ressembler, surtout physiquement. C’est la condition sine qua non, pas de love et encore moins de sexe entre gens différents. C’est impossible.

La princesse (oui parce que c’est forcément une princesse) aime le héro parce que, certes il est un peu différent, mais en fin de compte il lui ressemble et ils ne peuvent faire leur vie ensemble qu’à partir du moment où ce dernier renonce à son humanité pour adopter le physique et les coutumes de son peuple.

J’avais déjà vu ça dans SCHREK et ça m’avait beaucoup frappé cette nécessité pour la princesse de devenir moins belle, de devenir totalement ogre pour que ce soit possible avec son bien aimé. Elle ne pouvait se marier à un ogre présenté comme dégueu en étant ce qu’elle est vraiment, c’est à dire une belle princesse.

Le message envoyé est donc franchement nul : pour être heureux et trouver l’amour devenez quelqu’un d’autre ou en bleu la vie est mieux.

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