« TOUCHE PAS A MA MDPH », SERIEUX ?

Depuis quelques jours, je vois passer la nouvelle pétition lancée par l’APF, intitulée « Touche pas à ma MPDH » qui, manifestement, est grandement relayée.

J’ai essayé de laisser couler (tranquillement), mais je n’y tiens plus. So…

Première remarque : j’observe que l’APF se fait une spécialité de la reprise à son compte des slogans (et pas forcément les meilleurs) de SOS RACISME et de ses émanations.

Après le « Ni pauvres, ni soumis », en référence à « Ni putes, ni soumises », voilà le « Touche pas à ma MDPH » en référence au célèbre « Touche pas à mon pote »…

De la communication facile et à moindre coût.

Deuxième remarque : « Touche pas à ma MPDH » ? « MA MPDH » ? Sérieux ? L’aime t-on au point de vouloir se l’approprier par l’utilisation de cet adjectif possessif plein de tendresse ?

De la même façon qu’il ne me viendrait pas à l’esprit de dire « Ma CAF », « Mon Pôle Emploi chéri » où « Ma Préfecture de police d’amour », je ne dirais jamais MA MDPH.

Je rappelle que les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MPDH) sont des Groupements d’Intérêt Public (pour être précis), chargés de statuer sur les droits des personnes en situation de handicap mineurs et majeures.

Elles fonctionnent sans les moyens matériels et humains qui leur permettraient de remplir correctement leurs missions.

Elles adoptent, comme bien d’autres organismes de ce type, des pratiques parfois abusives et commettent de nombreuses irrégularités dans l’instruction des dossiers qui leur sont quotidiennement soumis.

Par ailleurs, l’intervention des MPDH dans certains domaines me paraît même contestable.

Par exemple, je me suis toujours demandé s’il était bien légitime qu’elles se prononcent sur l’orientation scolaire des enfants handicapés en milieu ordinaire ou spécialisé, en faisant de surcroît souvent pression pour privilégier ce dernier, au lieu de laisser les parents entièrement libres de leur choix comme ils peuvent l’être s’agissant de l’éducation de leurs enfants non handicapés.

Je ne considère donc pas ces structures comme miennes, car je sais qu’elles servent d’abord et avant tout les intérêts de l’Etat qui ne se confondent pas toujours (hélas) avec ceux de ses administrés.

En revanche, je peux comprendre qu’une association comme l’APF se sente intimement liée à elles, puisqu’en ce qui la concerne elle siège, comme d’autres associations gestionnaires, au sein de ces instances.

A ce titre, elle accorde mais refuse également chaque jour des droits aux personnes handicapées.

Il s’agit là d’une position de choix, qu’elle n’est pas prête à abandonner de si tôt et on la comprend.

Toutefois, de même qu’il ne faudrait pas croire que les intérêts des personnes handicapées se confondent forcément avec celui des MDPH, il ne faudrait pas imaginer qu’ils se confondent davantage avec ceux des associations gestionnaires.

Si l’on reprend l’exemple de la scolarisation des enfants handicapés, il n’est pas inutile de rappeler que les associations gestionnaires se prononcent avec les autres membres des Commissions des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH pour les amis), sur les orientations à retenir, alors même qu’elles gèrent grâce à d’importantes subventions publiques des centres spécialisés qu’elles n’ont pas vraiment intérêt à voir se désemplir… CQDF.

Bref, tout ça pour vous dire que, contrairement à ce que suggère cette pétition, les personnes en situation de handicap ne sont pas « potes » avec les MDPH, mais en dépendent pour accéder à leurs droits, ce qui n’a rien à voir.

De plus, elles sont plus souvent amenées à combattre leurs pratiques et leurs décisions qu’à taper l’amitié avec elles.

Source: https://www.change.org/p/touche-pas-à-ma-mdph

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