PETA OSE TOUT

L’association PETA ose tout, c’est même à ça qu’on la reconnaît et s’il y a bien une chose qui ne lui fait pas peur, c’est l’indécence.

Après avoir comparé le corps des femmes a de la viande, l’abattage des animaux d’élevage au sort des victimes de l’holocauste [1], voilà que l’on découvre qu’elle compare les personnes handicapées aux animaux [2].

Pour répondre à l’indignation, PETA invoque (oh surprise !) la maladresse (elle a décidément bon dos) et la mauvaise interprétation [3].

Le contenu de la foire aux questions (FAQ) de son site internet est pourtant limpide [4] et confirme que les propos dénoncés ne sont ni isolés, ni irréfléchis. Ils font même partie intégrante de son argumentation [5] qui fait régulièrement référence au handicap mental pour expliquer ses positions relatives aux droits des animaux [6].

Ainsi, selon PETA :

« Chaque animal devrait avoir des droits indépendamment de l’intérêt que cet animal peut présenter pour les humains, qu’il soit mignon ou pas, que son espèce soit menacée de disparition ou pas, qu’un humain y soit attaché ou pas (de la même façon, un handicapé mental a des droits, même s’il n’est pas mignon ou si personne ne l’aime)… » (Réponse à la question 1 de la FAQ au 25/08/15).

« Un animal est sans doute incapable de comprendre et de respecter nos règles mais cela est vrai aussi d’un enfant ou d’un handicapé mental. Nous n’en concluons cependant pas que les enfants et les handicapés mentaux n’ont pas de droits. » (Réponse à la question 7 de la FAQ au 25/08/15).

Mieux encore :

« Par ailleurs, certains animaux sont incontestablement plus intelligents, plus créatifs, plus réceptifs, plus démonstratifs et plus aptes à communiquer que certains êtres humains handicapés. Faudrait-il alors retirer des droits à ces derniers pour les attribuer aux animaux plus intelligents ? » (Réponse à la question 20 de la FAQ au 25/08/15).

Vous avez bien lu, PETA ne se contente pas de faire un « parallèle » entre les personnes handicapées et les animaux, elle déclare le plus sérieusement du monde qu’il y a – incontestablement – des personnes handicapées qui seraient moins intelligentes, moins « évoluées », donc inférieures à certains animaux et néanmoins titulaires de droits dont elle semble interroger jusqu’au bien fondé.

Assimilation à l’animal et par ce moyen déshumanisation et infériorisation d’un groupe humain : une rhétorique abjecte qui a déjà fait ses preuves au cours de l’histoire et a permis de justifier nombre d’atrocités, y compris à l’égard des personnes handicapées.

Faut-il rappeler (il le faut apparemment) que les personnes handicapées physiques et mentales ont été exploitées, humiliées, exhibées comme des monstres dans les foires et les cirques en raison de leurs prétendues difformités et de leur sauvagerie ou bestialité supposées [7] ; que considérées comme improductives, elles ont également été les cibles de politiques eugénistes allant de la stérilisation forcée à l’extermination pure et simple [8].

Faut-il rappeler que cette histoire pèse lourdement sur notre présent et que, de nos jours, les personnes handicapées luttent encore pour pouvoir vivre dans des conditions décentes et être reconnues comme des sujets de droits à part entière.

Nous sommes loin de la situation décrite par PETA sur son site, qui, essayant de clarifier sa pensée, s’enfonce un peu plus en indiquant désormais :

« Il est utile de rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, beaucoup d’humains étaient traités comme des « objets » et on enfermait les personnes handicapées dans des institutions parce qu’elles étaient considérées sans valeur pour la société et « embarrassantes » pour leurs familles ». (Réponse à la question 1 de la FAQ au 30/08/15).

Comme si la relégation des personnes handicapées appartenait à un lointain passé, alors qu’elle est des plus actuelle.

Aujourd’hui, en France et ailleurs, de nombreuses personnes handicapées sont toujours enfermées dans des institutions, privées d’une grande part de leur liberté, et traitées en objets sous couvert d’une prise en charge spécialisée. Tandis que d’autres, en dehors des institutions, doivent affronter une multitude de difficultés pour mener leur vie en toute autonomie.

D’ailleurs, on voit mal comment les choses pourraient progresser sur de bases solides, tant que des discours aussi avilissants et dangereux que ceux de PETA continuent à être tenus en toute impunité [9].

« Le fait d’assimiler une personne humaine, quelle qu’elle soit, à un animal, constitue une injure faite à l’humanité entière » a indiqué l’année dernière le tribunal correctionnel de Cayenne lorsque Christina Taubira a été comparée un singe par une élue du Front National [10].

J’espère, si une plainte a effectivement été déposée, que le (la) responsable de PETA sera par conséquent de la même façon condamné(e).

Il est en tout état de cause impératif que PETA cesse définitivement de faire référence au handicap dans ses publications.

C’est un sujet qu’elle ne maîtrise pas et qui n’a, de toute façon, aucun rôle à jouer dans sa démonstration, à moins qu’en définitive sa défense de la cause animale s’enracine dans la haine et le mépris qu’elle nourrit envers l’humanité.

Notes

[1] http://thesocietypages.org/socimages/2008/05/05/petas-holocaust-on-your-plate-campaign/

[2] http://www.huffingtonpost.fr/2015/08/25/peta-handicape-mental-droit-animaux-polemique_n_8036424.html?utm_hp_ref=france

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1412101-peta-compare-animaux-et-handicapes-mentaux-des-propos-affligeants-de-haine-et-de-betise.html

[3] http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/08/26/01016-20150826ARTFIG00161-la-peta-compare-les-animaux-et-les-handicapes-mentaux.php

[4] A noter que malgré le tollé la FAQ a à peine été retouchée par PETA qui persiste et signe (questions 1 et 20) : http://www.petafrance.com/faq-general.asp

[5] Comme d’autres amalgames puants (voir les références à l’esclavage, aux femmes battues et à aux enfants qui émaillent sa FAQ).

[6] http://informations.handicap.fr/art-propos-handiphobe-peta-853-7957.php

[7] Certaines étant même présentées comme des croisements entre l’homme et l’animal (l’homme grenouille, l’homme éléphant…)

[8] http://www.yanous.com/news/focus/focus051118.html

[9] Si PETA considèrent certains d’entre nous comme des animaux, d’autres ne se privent pas d’exprimer le dégoût que leur inspire le handicap. Cf. Les propos de Louis Laforge sur France 3 : https://auxmarchesdupalais.wordpress.com/2015/05/22/pas-assez-de-bonte-et-de-motivation-pour-laisser-passer-ces-propos-la/

[10] http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/07/17/97001-20140717FILWWW00412-comparer-taubira-a-un-singe-une-injure-a-l-humanite-entiere-juges-de-cayenne.php

FAQ PETA 1

FAQ PETA 2

Publicités