« LES MERVEILLEUSES » DECLARATIONS DE NICOLAS SARKOZY SUR LA SCOLARISATION DES ENFANTS HANDICAPES

Unknown

« On n’est pas obligé de mettre des ascenseurs dans toutes les écoles, il n’y a qu’à réserver une ou deux écoles pour l’accessibilité handicapés. »

Voilà ce qu’a déclaré Nicolas Sarkozy, le 4 février 2016, durant l’émission « Des Paroles et Des Actes », entre autres inepties sur les règles en matière d’accessibilité et leurs conséquences dévastatrices pour la France.

Le même Nicolas Sarkozy qui se faisait en 2007 le défenseur d’un droit opposable à être scolarisé en milieu ordinaire pour les enfants handicapés, durant le débat contre Ségolène Royale précédant le second tour des élections présidentielles.

A cette occasion, il avait d’ailleurs asséné grand prince :

« Je considère qu’il est scandaleux qu’un enfant ayant un handicap ne puisse pas être scolarisé dans une école entre guillemets « normale » (…) je veux créer un droit opposable. Ça veut dire quoi ? Qu’une famille (ayant un enfant handicapé) au bout de 5 ans a qui on refuserait une place dans une école pourrait aller devant le Tribunal. Je veux dire à toutes les familles (…) que si je suis élu Président de la République je ferai une place à chacun des enfants dans nos écoles, que je donnerai les moyens aux écoles pour les accueillir »

Déjà à cette époque, j’avais noté que contrairement à ce que pouvait laisser penser cette « merveilleuse » sortie, Nicolas Sarkozy n’entendait rien au handicap puisqu’il avait commencé par justifier cette position en affirmant que la présence des enfants handicapés en école ordinaire permettrait d’enrichir les enfants « valides », en leur donnant l’occasion  de relativiser leurs propres difficultés.

Cet argument était navrant et évidemment hors de propos, puisque ce qui doit justifier la scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire est tout simplement la reconnaissance de leur droit à bénéficier d’une éducation de qualité, au sein d’une école publique, qui leur donne toutes les chances de réussir, leur permette de construire leur avenir, de choisir leur métier, de devenir autonome, en un mot de s’émanciper, au même titre que tous les autres enfants.

Sa déclaration de 2016 ne fait que confirmer sa méconnaissance totale du sujet.

Nicolas Sarkozy n’a, et n’a jamais eu, aucune conscience des enjeux en présence. Son discours dans le domaine n’a ni cohérence, ni logique, il n’est que de pure circonstance.

Désormais les droits des enfants handicapés ne valent plus grand chose à ses yeux face aux intérêts économiques de ceux qui refusent de faire avancer l’accessibilité et il ne propose, ni plus ni moins, qu’une accessibilité low cost.

Fini le « une place pour chacun ». « Une ou deux écoles » ça va bien. Faut pas pousser non plus.

Ces déclarations sont d’autant plus malvenues que le Comité pour les droits de l’enfant de l’ONU vient de rendre un rapport qui pointe les graves atteintes portées par la France aux droits des enfants handicapés et dans lequel il lui prie instamment d’œuvrer à leur désinstitutionnalisation, afin de les inclure prioritairement en école ordinaire, conformément à ses engagements internationaux.

Des engagements que Nicolas Sarkozy, comme de nombreux hommes et femmes politiques, ignore apparemment.

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