RE-SORTEZ LES VIOLONS

Dans la série, encore une campagne larmoyante, celle là vaut son pesant d’or.

Le but ? Toujours récolter des fonds pour la sacro sainte recherche. Cette fois la recherche sur la moelle épinière. Comment ? Toujours la bonne vieille recette : faire pleurer dans les chaumières.

Si évidemment il est naturel et légitime de ne plus vouloir souffrir physiquement, que vient faire le « J’aimerais danser jusqu’au bout de la nuit » ? Et le « J’aimerais beaucoup jouer au tennis » ? Ou encore le « j’aimerais faire un grand voyage avec ma fille » ?

Apparemment l’IRME[1] n’est pas informé que les personnes handicapées PEUVENT danser jusqu’au bout de la nuit, jouer au tennis et à plein d’autres sports et même voyager avec (ou sans) leurs enfants.

Il y a d’ailleurs pleins de personnes handicapées qui s’adonnent à ces activités et elles ne font pas « semblant ».

Le nier ou sous entendre que le faire en fauteuil roulant ou avec un handicap quel qu’il soit, « ce n’est pas pareil », est tout simplement méprisant.

La conclusion « l’espoir peut enfin renaître grâce aux recherches de l’IRME » ne brille pas non plus par son originalité…

L’espoir, l’espoir, l’espoir ! L’espoir de ne plus être ce qu’elles sont. Voilà ce qui fait vivre les personnes handicapées selon les brillants communiquants à l’origine de ce type de campagne.

Car en dehors de l’état valide, point de salut. Pas de bonheur possible, juste du sang et des larmes.

Franchement, il est temps d’en finir avec ce genre de message aux effets pervers, qui n’envisage les personnes handicapées qu’à travers leurs limites et leur amertume ou regrets supposés.

Mais cela ne pourra pas se faire sans nous, les premiers concernés. Nous devons cesser de les légitimer d’une quelconque façon, que ce soit en y participant ou en les relayant.

Nous devons marquer notre désaccord dès que l’occasion se présente si nous voulons voir nos représentations évoluer.

 

[1] Institut pour la Recherche sur la Moelle Epinière à l’origine de la campagne.

Publicités